Le poids du silence

Le poids du silence
Un printemps en miettes brisé par une folle blanche
des branches cassées nettes qui se plantent
dans le sol
des branches qui ne repousseront pas
mortes
des fleurs justes écloses étouffées
sous un coussin de neige
lourde et froide
le bois se fend
les oiseaux se taisent
la forêt attend
le silence pèse
un printemps qui traîne
entre les troncs en bataille
ici et là
des touffes de couleurs
et un soleil de braise.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:46

Modifié le samedi 19 janvier 2008 17:27

Défauts d'humanités

Défauts d'humanités

Défaut d'évolution

défaut de qualité

des faux en liberté

des fautes trop répétées

des fous emprisonnés

trop de quantité

trop peu de vérité

trop plein de futilités

trop de pains empoisonnés

Défaut de fabrication ?

défaut d'humilité

des faux enrubannés

des fautes trop négligées

des fous enragés

trop de renfermé

trop peu d'illuminés

trop plein de satiété

trop de pains périmés

Défaut de solutions ?

défaut d'humanité.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:37

Modifié le mardi 15 janvier 2008 07:50

De guerre lasse

De guerre lasse


Les dentelles blanches
referment leur gangue de glace
sur les bois endormis
sur les pentes adoucies
que la neige efface
un oiseau sur une branche

La maison renfermée
recouvre des humains engourdis
par l'hiver glacé
par des terres givrées
qui étouffent le moindre bruit
la raison retournée

Les arbres retiennent leur sève
en attendant que l'hiver passe
les hommes contiennent leurs rêves
en espérant de guerre lasse

Un rouge-gorge sautille autour des murs
il observe les êtres dans les vitres
il attend un signe, un murmure
tel un ange faisant le pitre

Des yeux suivent cette tache de vie
sur le sol endormi
dans les coeurs gelés
se déposent quelques traces.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:32

Modifié le samedi 19 janvier 2008 17:14

Une page blanche

Une page blanche

Les flocons douillets tombent de plus en plus serrés. Ils enveloppent petit à petit le paysage noir de l'hiver dans un grand drap blanc plissé.
Ils s'infiltrent partout et transforment lentement l'arbre le plus insignifiant en cathédrale fantastique. Un pré ordinaire, avec ses tiges d'herbes desséchées devient un sol lunaire qui ondule selon ses ombres mystérieuses. Les flocons se détachent du ciel comme des milliers de petites étoiles qui tombent au ralenti.

La neige recouvre le monde. Dans sa froide étreinte, elle tente de cacher les misères, les crimes et les montagnes en ruines.
Tous les cris sont amortis, étouffés, les plaintes sont absorbées par le coton neigeux, comme dans une chambre capitonnée. Les êtres se déplacent plus lentement, ils sont obligés d'être attentifs à leur façon de marcher et aux chemins qu'ils empruntent. Leurs pieds s'enfoncent sans savoir à quel moment ils vont toucher le sol.

La neige tombe sans arrêt en tourbillonnant autour de nos têtes. Le ciel est blanc, le sol est blanc, la boue disparaît, nous voilà pris quelques instants dans l'éternité.
Sur cette page blanche arrachée au temps, les êtres peuvent choisir la direction de leurs vies.

Les repères habituels n'existent plus, chacun doit faire sa trace, nos pas disparaissent au fur et à mesure, gommés par le vent et de nouveaux flocons. Les routes se transforment en pistes de luges, les barbelés en guirlandes, les grillages en dentelles, les talus sculptés par les bourrasques forment des vagues étranges, des dunes en surplomb.

Il fait froid, la neige fouette le visage et rougit la peau. Elle oblige à bouger, impossible de rester inactif.
Elle recouvre le monde de son manteau, sa pureté immaculée nous fait oublier les balafres béantes et nous fait basculer dans un autre monde, où le temps s'est arrêté, figé, un bateau pris dans la glace qui doit jeter les amarres sur une croûte instable.

La neige recouvre tout, et le rouge des taches de sang ressort davantage sur le blanc givré qui l'empêche de s'écouler et de se fondre dans le sol.

Plus tard, le soleil reviendra, et ses rayons feront briller les cristaux. La neige repartira rapidement en se transformant en torrents. Evaporée, elle retournera d'où elle est venue.
Après le dégel, la vie reprendra son cours rapide, les êtres verseront le sang ou se tourneront vers l'amour.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:22

Modifié le samedi 19 janvier 2008 17:15

Quelques pas

Quelques pas
Une trace éphémère
quelques pas sur la neige
et puis plus rien
Quelques taches tout autour
quelques plumes de l'autour
et puis plus rien
Une vie éphémère
quelque part sur la Terre
et puis plus rien ?

Quelque part en hiver
une âme prisonnière
de son c½ur blessé
de son corps glacé.

Quelques pas vers le jour
quelques taches de lumière
quelques plumes d'ange
quelque part dans le ciel
et puis enfin
la liberté
quelque part.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:15

Modifié le samedi 19 janvier 2008 17:28