Trouvaille

Trouvaille
Quand on s'est revu, je ne savais pas quoi faire, pas quoi dire. Tu me plaisais toujours autant et j'avais envie de tout revivre avec toi, mais par où commencer ?

Devais-je te mettre une grande tape dans le dos comme entre camarades, te serrer la main comme le font les hommes, te coller deux ou trois bises à la manière des femmes, te baiser délicatement les doigts comme en d'autres siècles, t'embrasser sur la bouche comme les Russes ou de manière passionnée à pleine langue, frotter nos nez en riant comme les Inuits, ou simplement me courber à la mode japonaise ?
Rien de tout cela, en fait j'avais juste envie de te serrer dans mes bras, sans bouger, longtemps, la tête sur ton épaule et le nez contre ton cou, à respirer ta peau, sentir ton corps et ta vie, une autre âme non clôturée avec qui enfin communier.
Mais en fait, j'ai attendu là sans bouger, à te regarder d'un air bête, sans savoir quoi faire, j'essayais de me lire dans tes pensées. Toi, tu as juste souri en dévisageant mes yeux, et puis tu as pris ma main pour l'entraîner avec moi vers ton lit.

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# Posté le vendredi 26 octobre 2007 01:48

Grains de mer

Grains de mer
Une vague amoureuse s'écrase à l'infini
elle arrache le sable pour le poser un peu plus loin
la force s'enlise sur la plage entre les trous et les dunes
elle crache son écume et s'étale en gargouillis
l'eau molle reflue sans bruit au large de nos vies
La vague ronge une côte ou deux, mais n'atteint pas le désert intérieur,
ce c½ur sec miné de bunkers lentement avalés par les grains de pierre,
cet empilement de peur refroidi par des tours d'ivoire
Les murs armés sans cesse rehaussés de faux espoirs
s'enlisent sur leurs fondations mouvantes,
l'eau volatile se disloque et se noie dans les fosses,
commune perdition dans les tourbillons de masse
La vague, versatile, repart... et revient,
elle attend une faille, une écluse,
pour s'écouler entre nos mains
et irriguer les vies recluses
figées derrière les digues de glace
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# Posté le jeudi 25 octobre 2007 02:01

Gros pavés

Gros pavés
Très guindé blindé friqué
le haut du pavé marche dessus
Très fringué coincé gavé
le corps en m'as-tu-vu
les chers adorés mordorés
sont aussi détestés délestés
par le bas de l'échelle des mordus
Fiers et cool sanglés dans leurs costumes
petits et grandes en marques uniformes
pauvres et riches adoptent les mêmes formes.

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# Posté le jeudi 25 octobre 2007 01:54

Printemps d'avenir

Printemps d'avenir
La nature me souffle dans les oreilles
un vent glacé, lourd et vermeil
de vie et mort mêlées dans la neige éternelle
qui glisse dans le cou et repart vers le ciel
peuplé de songes fous et de vagues hirondelles
il est chargé de nous tel des millions d'abeilles

La nature souffre à mes oreilles
le temps d'une respiration et repart à tire-d'aile
entre les saisons les cris sempiternels
des créatures blessées dès le réveil
emplissent l'air d'un souffle court et rebelle,
Une nature comme nous de soufre et de merveilles.

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# Posté le jeudi 25 octobre 2007 01:42

L'odieuse

L'odieuse



Dans la nuit,
des esseulés gémissent.
Leurs plaintes glacent
d'effroi
les gens heureux.


Dans la nuit,
des coeurs s'estompent
en grains de sable d'or
dans des abîmes
d'espoir désavoué,
semant la panique
chez les gens heureux.


Dans les nuits
hivernales
des macchabées giguent
dans la pénombre des ruelles
désertées
par les gens heureux.


Esseulés, désolants, paumés,
misérables,
vos désespoirs, vos désarrois,
vos appels insensés,
ennuient
les gens heureux.


Ah! qu'on aimerait vous taire.


Quand vos os pourrissants
craquent sous le poids
de la misère,
ça dérange
les gens heureux.


Ah! qu'on aimerait vous taire.


Mais, Vous poètes, chantez, poètes,
les pleurs, les râles
des miséreux.
Délirez poètes!
Ces gens-là,
ne vous lisent pas.


Silence, on parle!


Car moi, moi, qu'on dit
excécrable, je partage
leur incurie.
Oui, moi, qui déjà,
rêvais tout bas
d'un amour si grand
que les étoiles même
en pâlissaient
de jalousie,
j'ai eu comme
réponse:
"domination,
déraison".




Et maintenant,
moi, qu'on dit aussi,
odieuse,
insensée,
j'ai rejoint le chemin
des misérables,
des délaissés,
des esseulés.



Et je partage
leur nuit,
à ma façon.


... en écrivant pour eux.



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# Posté le mardi 23 octobre 2007 03:03

Modifié le mardi 23 octobre 2007 14:45